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Crise de l’immigration: Témoignage d’un camerounais arrivé en France

La pauvreté, le désespoir affectif et l’espoir de liberté poussent des Africains de plus en plus jeunes à quitter leur pays à la recherche d’un eldorado illusoire. C’est le cas de Boubak qui a embarqué sur le chemin douloureux et dangereux de l’exil au péril de sa vie.

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La pauvreté, le désespoir affectif et l’espoir de liberté poussent des Africains de plus en plus jeunes à quitter leur pays à la recherche d’un eldorado illusoire. C’est le cas de Boubak qui a embarqué sur le chemin douloureux et dangereux de l’exil au péril de sa vie.

Taille moyenne, mince et sportif, l’adolescent de seize ans et demi évoque avec beaucoup de calme son exode et le souvenir de ses trois années de périple du nord du Cameroun, en passant par le Niger, la Libye, l’Italie pour arriver à Marseille, dans sud de la France où il a entrepris des démarches administratives en vue d’une demande de titre de séjour.

Racontez votre vie au Cameroun. Pourquoi avez-vous décidé de quitter votre pays si jeune?

J’ai vécu 13 ans au Cameroun. J’ai grandi à Yaoundé dans le quartier de la briqueterie jusqu’à l’âge de 10 ans. J’y vivais avec ma grand -mère. Mes parents étant décédés, j’ai été livré à moi-même en quelque sorte puisque quand je suis monté dans le nord, personne ne m’a retenu. Même si là-bas, j’ai commencé à jouer au foot avec les cadets du Coton Sport de Garoua. Pour autant, la vie n’était pas facile. Il m’était parfois très difficile de manger. C’est d’ailleurs plus tard dans mon parcours que j’ai compris que la vie est, en fait, difficile pour tout le monde.

Qu’est-ce qui vous a fait partir ?

La principale raison pour laquelle j’ai décidé de partir en aventure, c’est la pauvreté. Je voulais fuir la vie qui devenait de plus en plus dure. Mais ce que j’ignorais, ce sont les difficultés auxquelles j’allais être confronté. Je ne pouvais pas imaginer tout ça. Vraiment, je ne souhaite à personne de vivre mes épreuves. Même si ce qui m’a sauvé, c’est l’instruction.

Comment ça, l’instruction vous a sauvé ?

J’ai fait des études jusqu’en quatrième au Cameroun. J’allais partir en troisième quand j’ai décidé de quitter le pays le vendredi 12 juillet 2015* avec mon ami Moussa* un peu plus âgé que moi mais je ne connais pas son âge exact. Je parlais déjà le Français, l’Haoussa et l’Arabe que j’ai appris à l’école coranique. C’est vraiment ça qui m’a aidé dans mon parcours. Je remercie d’ailleurs le Cameroun pour l’instruction parce qu’ailleurs, les jeunes livrés à eux-mêmes, sont pour la plupart, illettrés.

Aviez-vous déjà prévu votre départ ?

Oui.

En aviez-vous parlé autour de vous ?

Non. Parce qu’on m’aurait découragé. Surtout les dirigeants de mon club. Et ma grand-mère qui aurait été très malheureuse. Elle en serait devenue folle. D’autant plus que j’étais le seul enfant de mes parents.

Qu’est-ce qui pousse un fils unique à partir si jeune loin de sa famille ?

Je ne pouvais pas partir avec ma grand-mère. Donc, ce n’est pas loin d’elle que je voulais partir. C’est loin de la misère.

Comment vous êtes-vous rendu compte que votre vie était pénible au Cameroun ?

Mais on le voit ! D’abord à la maison quand la nourriture se fait rare. Quand je rentre de l’école et qu’il n’ y a pas à manger. Comment je pouvais continuer à étudier ? Dehors, je voyais bien les gens qui, eux pouvait s’acheter à manger facilement. On finit par comprendre que le problème, c’est chez nous. Et on décide de prendre son destin en main.

Peut-être qu’un jour vous seriez devenu comme ces gens qui achètent aisément, non ?

Oui mais quand ? En tout cas, je n’ai pas eu cette pensée. Et peut-être que ma vie ne me permettait pas aussi de penser comme ça.

Et c’est donc ainsi que s’est construit votre projet de partir ?

Oui. Et je n’étais pas le seul. Sur la route, on voit bien des gens plus âgés prendre le même chemin que moi.

Vous êtes parti avec pour seul but, l’Europe ?

Non. Mon but, c’était juste de partir à la recherche d’une vie meilleure.

Racontez votre parcours…

Nous avons quitté Maroua pour le Nigeria. Du Nigeria, je suis entré au Niger par Maradi où on a chargé d’autres personnes. Et arrivé à Agadez, l’argent était fini.

D’où vous venait cet argent ?

Du club où je jouais. Et j’élevais à la fin les pigeons que je vendais. C’est avec cet argent-là que je suis partie.

Comment vous êtes-vous débrouillé pour continuer ?

On a dû rester quelque temps dans la ville. Puis on nous a parlé d’un monsieur qui organisait des voyages pour Djado. Là-bas dans le désert, on creuse l’or. Et comme, je parlais la langue Haoussa, le monsieur nous a aidé à atteindre le site d’orpaillage. On y est resté un mois. Et déjà là-bas, les deux patrons libyens qu’on a eu ont commencé par nous escroquer. Ils n’ont pas respecté les termes du contrat qui étaient de creuser avec leur machine et de faire moitié-moitié. C’est justement parce que je parlais arabe que j’ai pu les raisonner en leur rappelant une parole de l’Islam qui dit : « Donnez au salarié son salaire avant que ne sèche sa sueur ». Après ça, ils ont respecté leur parole. Et nous avons pu vendre nos pépites d’or à Arlit.

Pour combien avez-vous vendu ?

J’ai pu avoir 850 000 Francs CFA. Et j’ai toute suite changé cet argent en Euro pour donner de la valeur à mon argent, une fois en Libye. C’est un combine de mes patrons arabes. Comme je comprenais la langue, il m’était facile d’utiliser leurs astuces.

Le voyage a repris toute suite ou vous êtes un peu restés dans les parages ?

Nous avons dû reprendre le voyage toute suite pour Assamaka pour gagner Tamanrasset en Algérie. Nous y avions passé quelque jours. Et on a continué le chemin. On s’est arrêté à Ghardaïa et de là-bas, nous avons pris un bus pour Oran. Après une nuit, on a repris la route pour Maghnia, c’est la frontière entre l’Algérie et le Maroc. Nous étions accompagnés de guides.

Comment financiez-vous ce voyage ?

Avec l’argent de l’or. Cet argent m’a valu de faire tout ce trajet sans problème. A Maghnia, il y a une sorte de douane. Les ressortissants de chaque pays ont leur file. Moi, j’avais à me diriger vers la communauté camerounaise où il faut payer une amende de 15 000 dinars pour entrer au Maroc. C’est important de préciser que cette organisation nous protégeait contre les pièges installés dans le désert. Les guides qu’ils nous fournissaient savaient nous éviter toutes les embûches du désert.

Comme quoi par exemple ?

Qu’on nous tire dessus ou bien qu’on tombe dans des trous de plus de 7m d’auteur à moitié remplis d’eau. Le plus difficile sur ce parcours a été d’atteindre le côté espagnol du Maroc qui s’appelait Melilla. Là-bas, il y a une frontière de fils barbelés. C’est plus tranchant qu’une lame de rasoir. Des gens sont morts en tentant l’escalade.

Et de Melilla, comment arrivez-vous en Libye ?

Après avoir tenté plusieurs fois d’escalader les barrières espagnoles de tous les côtés, nous avons été raflés et amenés dans une sorte de refuge sécurisé. C’était confortable. On avait 200 Dirams par mois. Après avoir été relâché, j’ai compris qu’il fallait que je change de stratégie. J’ai décidé d’aller en Libye. Je suis sorti par Maghnia et Oujda. J’avais mémorisé le chemins des guides. Et le chef des guides camerounais qui m’a reconnu m’a embauché, quelque temps, pour travailler avec lui. Ce qui m’a permis de me faire un peu d’argent. C’est avec cet argent que j’arrive en Libye en passant par Dep-Dep. Là-bas, j’ai fait le guide pour un passeur qui m’a appris le trajet jusqu’ à Ghadamès. J’avais parfois un convoi de 30 personnes. Par la suite, j’ai pu travailler pour un autre Libyen. C’est d’ailleurs à cause de celui-là que j’ai été enfermé.

Pourquoi ?

Une sordide histoire. Je commençais à avoir beaucoup de travail et je ne me rendais pas compte que je devenais important au trafic. Ils ont proposé de m’apprendre à manier les armes. J’ai refusé car je savais que ça signifiait qu’il fallait tuer des êtres humains. Et ça je ne pouvais pas. C’est d’ailleurs aussi comme ça que je me suis rendu compte que travailler avec eux n’était pas bien.

Avant ça, vous ne perceviez pas le danger ?

Si. Mais pour moi, le danger était d’aider les gens à traverser illégalement les frontières. C’est tout ! De là à commencer à manier les armes, je ne pouvais franchement pas.

Pourquoi avoir refusé cette proposition qui aurait pu vous offrir une vie décente ?

Je ne veux pas construire ma vie sur le malheur des autres. Je crois en Dieu. De toute façon, à partir de la proposition, je ne voulais plus être en contact avec eux. C’était fini. J’ai compris qu’au fur et à mesure qu’on est en contact avec ce genre de personnes, on devient comme eux. J’ai pris ma décision. Et ils ont organisé un coup pour qu’on m’arrête et qu’on me mette en prison.

Combien de temps êtes-vous resté en prison ?

J’y suis resté deux semaines. Un jour, le commissaire m’a trouvé en train de prier. Il a attendu la fin de ma prière. Et m’a demandé en arabe si j’étais musulman. Il m’a proposé de le suivre. Et il m’a interrogé afin de connaître mon délit. Comme il s’est révélé que je n’avais rien fait, il m’a fait libérer et m’a présenté à un monsieur qui avait besoin de main d’œuvre pour son champ. Grâce à ce commissaire, j’ai pu avoir un papier de libre circulation en Libye.

Comment s’est passé votre collaboration avec votre nouvel employeur ?

Ça s’est bien passé mais j’ai dû changer de ville pour un meilleur travail. Je suis allé à Zenten. Et là-bas, mon nouveau chef, un Egyptien a proposé de me former. C’était une aubaine. Il m’a formé dans le carrelage. J’ai travaillé avec lui presque deux ans. C’est l’une des plus belles expériences de ma vie.

Et pourquoi décidez-vous alors de quitter la Libye ?

Ma vie était menacée. Un monsieur que nous connaissions m’a proposé sa fille en mariage. Mon refus était un tel affront qu’il s’est mis en tête d’en finir avec moi. Il m’a même menacé, une fois, avec une kalachnikov. Pour lui, je devais être reconnaissant qu’on me traite comme un humain. Il ne comprenait pas qu’avec les conditions des noirs là-bas, je refuse.

Pourquoi voulait-il que vous épousiez sa fille ? Vous sortiez avec elle ?

Non. Il disait que j’étais vaillant et qu’il était rare de nos jours en Libye de trouver des jeunes pratiquants comme moi. Il prétendait beaucoup m’apprécier et que c’était un cadeau qu’il me faisait. Qu’il préférait que sa fille soit avec quelqu’un comme moi qu’avec un Libyen qui fait du mal et ne va pas à la Mosquée. Ce que je ne comprenais pas, c’est les moyens qu’il utilisait pour me faire accepter. Pourquoi alors me menacer si c’est un cadeau parce qu’il m’apprécie ?

Pourquoi avez-vous refusé la proposition de mariage ?

Dans un autre contexte, je n’aurais pas refusé. Mais là, on est dans un pays où on peut nous tuer pour un rien, je ne voulais pas me risquer à plus de problèmes. J’étais méfiant.

C’est uniquement pour cette raison que vous quitter la Libye ?

Oui. Mais aussi parce que je connaissais des gens qui avaient pris la mer et se trouvaient en Italie. J’ai commencé moi aussi à rêver d’Europe. Au bout de quelques jours, je suis allé payer pour partir. On nous a lancé en mer l’été, aux environs de 3h. Et nous avons atteint les côtes italiennes vers 5h.

N’avez-vous pas été refroidi par cette aventure mortifère ?

C’est vrai que ça fait peur. Mais vu que je fuyais un danger, je n’ai pas eu à m’appesantir sur mes émotions. Le plus douloureux pour moi dans tout ce parcours reste le décès de mon ami Moussa.

Il est décédé en mer ce jour-là?

Oui. Alors que nous étions presque arrivé.

C’est à dire ?

Notre canot a commencé à prendre l’eau au niveau de la ligne internationale. Lui ne savait pas nager. Le temps d’être secouru par la Croix Rouge, certains se sont noyés dans la Méditerranée. C’est très triste parce que nous étions presque arrivés à Lampedusa. La mer avait été calme tout le voyage. Même le temps agréable. Tout laissait croire que nous étions chanceux. Ce qui est plus dur encore, c’est que les parents de mon ami et d’autres morts cette nuit-là ne sauront jamais qu’ils ne reviendront pas à la maison. Nous par exemple, personne ne sait où nous sommes partis. Peut-être qu’ils vont attendre indéfiniment.

Vous leur direz ?

Peut-être … Le jour où j’aurais le courage de repartir.

Une fois en Italie, comment s’est passé l’accueil ?

Très bien. Durant un an, je suis allée à l’école où j’ai obtenu un examen qui est l’équivalent du BEPC.

Et vous avez appelé votre grand-mère pour lui annoncer la nouvelle ?

Personne ne sait où je suis.

Votre séjour en Italie s’est bien passé ?

Oui.

Et comment arrivez-vous en France ?

C’est par rapport à l’association. Un péruvien m’a remarqué pour jouer dans un petit club qui s’appelait Salsasio durant trois mois. Avec eux, je suis allé dans un autre petit club qui s’appelle Barcigalupo, et il y a eu une proposition de Torino mais je n’ai jamais pu signer à cause du passeport que je n’avais pas. Je ne pouvais pas avoir de papier. J’ai été tellement déçu que mon talent ne m’aide pas que j’ai pris la décision de quitter l’Italie pour la France. Et je suis arrivé en France en passant par Ventimille.

Comment avez-vous pu passer la frontière ?

J’ai pris le train sans payer. Je me suis caché dans les toilettes. Et c’est la police de la Frontière qui m’a sorti de là. J’ai dû supplier le policier de ne pas me brutaliser. Et jouer sur la corde sensible en lui demandant s’il aimerait voir son fils vivre dans une telle misère. Il m’a regardé un moment. Puis, il est parti en me souhaitant bonne chance.

Dans quelle ville êtes-vous arrivé en premier ?

Je suis arrivé à Nice. En suivant les indications, j’ai pris le train pour Marseille. Et à Marseille, j’ai dû reprendre le train pour Montpellier où j’ai été arrêté par les contrôleurs et confié à une association.

Vous vivez aujourd’hui à Marseille, comment y êtes-vous revenu ?

C’est le juge qui m’a confié à un foyer de jeunes isolés.

A Marseille, comment organisez-vous vos journées?

Je ne peux pas aller à l’école car l’année scolaire a déjà commencé. Il faut attendre l’année prochaine. Sans aucun papier et sans personne qui peut m’envoyer mon acte de naissance, je dois attendre. On va envoyer une lettre au tribunal de Maroua pour reconstituer mon état civil. Pour l’instant, j’attends que les documents de Montpellier arrivent et qu’on commence les démarches.

Vous vous êtes déjà fait des amis à Marseille ?

Oui. Ici les gens sont très accueillants. Ça n’a pas été difficile de me faire des amis comme à Montpellier par exemple.

Est-ce que vous comptez vous installer définitivement à Marseille ?

On dit que l’homme propose, Dieu dispose. J’irai là où la vie m’amène.

Que peut-on vous souhaiter pour l’avenir?

Beaucoup de courage, de la persévérance et surtout du répit !

*Les noms et les dates ont été changés

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État comateux des routes au Cameroun

Les usagers et les automobilistes camerounais sont mécontents. En effet, le délabrement de nombreuses routes entrave le bon déroulement des activités du pays. A Douala, poumon économique du pays, l’état désastreux des routes inquiète.

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Photo:@cameroon-Info.Net

Raoul Sidjeu, garagiste de formation préfère se rendre au travail à pied comme une bonne partie des habitants de son quartier. « J’ai choisi la marche car j’ai peur de tomber de la moto tellement il y a des secousses» explique ce jeune trentenaire domicilié à Washington, un quartier de Bonabéri. Il doit partir de chez lui à 7H 30 du matin, parfois dans une chaleur déjà étouffante pour le quartier New-Bell où il travaille. « C’est un véritable gâchis de circuler dans certains quartiers de la capitale économique tant les routes sont mauvaises » ajoute-t-il. En effet, les routes sont en majorité parsemées de nids de poules, de flaques d’eaux et de bosses. Si les usagers sont autant apeurés et très souvent énervés par la route, C’est parce que c’est leur gagne pain. A Bonabéri dans le 4ème arrondissement de Douala, l’état de la route ralentit l’activité professionnelle. « Sortir d’ici avec les passagers n’est pas facile ! On a les Pneus crevés, les amortisseurs qui se cassent et il faut tout le temps être au garage. » Affirme Bastian Nkoua, motocycliste depuis cinq ans.

Le spectacle est identique à Mboko, le 3ème arrondissement de Douala, l’une des communes les plus vastes de la ville et par conséquent, l’une des plus peuplées. Là aussi, c’est le même son de cloche, les habitants n’en peuvent plus. Yvette Ngueule habitante de ce quartier et maman de quatre enfants confie qu’enceinte, « prendre une moto est un risque trop grand pour son bébé à naître. De plus cet état des routes la rend malade en transport. » le retour des pluies et la rentrée des classes n’arrange pas les choses. Les usagers appréhendent l’agrandissement des crevasses ce qui rendra encore plus difficile la conduite.

Du côté des commerçants, les propriétaires de boutiques font eux aussi partie des infortunés. Dans ce secteur, les activités évoluent au ralentie depuis quelques mois déjà, les frais de transport sont passés du simple au double « Pour vous laisser à l’entrée carrière, un conducteur de moto vous prend à 300F après l’avoir supplié. Avec la marchandise, on est parfois obligé de dépêcher un taxi» souligne Martin Talentueux commerçant. Au Cameroun le problème de l’entretient des routes se pose donc avec insistance. Cependant, plusieurs estiment que Curer régulièrement les caniveaux  permettrait de ralentir leur dégradation cela implique également, le civisme des populations.

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Salaires fictifs: Le grand déballage

Au Cameroun, un peu plus de 10 000 agents publics fictifs ont été découverts et supprimés du fichier solde de l’Etat permettant au Trésor de réaliser une économie de 30 milliards de FCFA.

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Photo: lavoixdesdecideurs.biz

Le 26 juillet 2019 le tribunal criminel spécial(TCS) a jugé coupable, 10 personnes ayant participé à la distraction de 1,5 milliard de FCFA des caisses du trésor public à travers le virement des salaires à 102 militaires fictifs. Ils ont été formés dans le cadre des campagnes de recrutement militaires organisées en 2004 et 2007. Le TCS a infligé aux accusés des condamnations allant de 10 ans de prison à la perpétuité.

L’hebdomadaire EcoMatin renseigne que, parmi les condamnés figurent des personnels  du ministère de la défense(Mindef) en poste à l’époque des faits à la direction du commissariat interarmées (Dircia), service où ont été crées les matricules fictifs ayant servi pour le paiement des salaires évoqués. Il s’agit entre autres du colonel, Epopa Gilles Théodore, ancien chef de bureau de solde et des effectifs et du commandant Ebogo Messi Jean Guillaume, ancien chef  de bureau de la solde. Les deux hommes condamnés à vie se sont évaporés dans la nature, bien avant le procès.

Le journal renseigne également qu’à cette liste s’ajoute, Jacqueline Bayeck, ancienne cadre au ministère des finances(Minfi) rattaché à la perception du Mindef. Pour ceux qui sont arrêtés et mis en prison on se demande bien à quoi ca sert ? Dans ce lieu  où l’on ressasse le passé et les regrets tombent pour certains, où l’illusion a disparu pour d’autres et l’espoir le moteur de soutient de plusieurs, des détourneurs de deniers public semblent être mieux lotis que ceux qui vivent dans la promiscuité.

Les salaires fictifs, depuis quand est-ce que cela a commencé ? Combien de temps cela a duré ? Il est clair qu’en dépit des innombrables appels lancés par le gouvernement, Le phénomène des fonctionnaires fantômes est toujours bel et bien présent au Cameroun. Selon  Jean Robert Wafo  ministre du Shadow Cabinet  en charge de l’information et des médias du Social democratic front(SDF) « Des mafias siphonnaient des caisses de l’Etat 96 milliards de FCFA par mois soit 1920 milliards de FCFA siphonnés en 20 ans plus précisément de 1987, année où le Cameroun tombe officiellement en crise à 2006 année du début de cette opération d’assainissement du fichier solde de l’Etat » Alors qu’est-ce que cela augure ? Certains estiment que nous secrétons la corruption et ne  sommes pas près d’y mettre fin. Plusieurs ont du mal à concevoir que l’on passe de 87 à 16227 fonctionnaires fictifs à 22000 aujourd’hui. C’est à croire que, des  camerounais sont ingénieux à piller l’Etat au lieu d’être ingénieux  à transformer la vie des camerounais voire poser des actes qui puissent être utiles à tout le monde. Serait-ce  devenu un style de vie ? Il semblerait.

Comment est-ce que certaines personnes ont pu détourner des milliards et les ministres qui se sont succédé  n’ont rien pu  voire ?  Le ministre des finances est-il la personne qui était destinée  à arracher les mauvaises herbes ? En effet, le ministère des Finances affirme avoir déjà retiré du fichier solde de l’État du Cameroun, plus de 10 000 agents publics fictifs dans le cadre du comptage physique du personnel de l’État (Coppe), lancé en avril 2018  par Louis Paul Motaze. Cette exclusion massive des bordereaux de paiement  permet également au Trésor de réaliser une économie annuelle de près de 30 milliards de FCFA. Toujours selon le Minfi, Cette opération a déjà permis à la fonction publique camerounaise d’identifier et d’expurger du fichier solde de l’État, des agents publics y émargeant irrégulièrement, du fait d’une absence non justifiée, d’une démission ou d’un décès non déclaré.

On se souvient qu’en  juillet 2018, la deuxième phase du comptage physique avait permis de détecter quelques 44 000 fonctionnaires présumés fictifs ou décédés et dont les salaires étaient perçus par des tiers.  Il faut dire que l’opération s’est achevée le 4 janvier dernier. Elle s’est tenue d’avril à juillet 2018, puis d’octobre à janvier 2019. On parle d’assainissement du fichier solde de l’Etat. Mais à quoi renvoie cette notion ? Le ministère des Finances (Minfi) a fait savoir que, «l’assainissement du fichier solde est un processus permanent qui vise la mise à jour de ce dernier, afin qu’ils n’y figurent que les agents publics régulièrement recrutés, placés dans leurs situations administratives et salariales idoines. Il s’agit ici du nettoyage du fichier solde en vue d’en évacuer non seulement les agents publics décédés, démissionnaires, en situation d’absence irrégulière, en détachement, mis en disponibilité, etc., mais aussi les éléments de rémunération indus». Qui sont les personnes impliquées dans la gestion de la solde ? On parle entre autres de plusieurs directions et services du ministère des Finances.

D’ailleurs, qu’appel t-on fonctionnaires fictifs ? Pour mieux le comprendre, le fonctionnaire fictif ce n’est pas celui qui ne travail pas et qui touche des salaires. Il y a des personnes qui sont visiblement charger de gérer le fichier solde de l’Etat qui ont introduit des noms supplémentaires. Tenez par exemple  un chef d’entreprise qui a dix employés peut percevoir le salaire de vingt employés du fait qu’il ait ajouté dix autres personnes qui ne sont en service que dans sa tête. Pour mémoire, c’est en 2010 que l’Etat camerounais a lancé une opération de comptage physique de son personnel avec l’objectif de débusquer du fichier  de solde des agents publics fictifs. En juillet 2018, cette opération a permis de repérer environ 44 000 fonctionnaires imaginaires ou décédés et dont les salaires étaient perçus par des tiers

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Retour à l’envoyeur. L’Indonésie réexpédie ses déchets à la France

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Une méthode pour le moins radicale. L’Indonésie refuse dorénavant d’être la décharge des pays développés.

En effet, le pays asiatique a réexpédié, mardi, vers la France et Hong Kong sept conteneurs de déchets ménagers, de plastiques et de matériaux dangereux illégalement importés en violation des règles d’importation, a annoncé Susila Brata, responsable des douanes de l’île de Batam à l’AFP.

Cette opération de grand envergure s’inscrit dans un tableau plus général. De nombreux pays du continents ne veulent plus être les poubelles du monde depuis que la Chine a cessé l’an dernier l’importation des déchets plastiques du monde entier. Le pays a ainsi obligé les pays riches développés à trouver de nouvelles destinations pour leurs déchets . Depuis, d’énormes quantités de déchets ont été renvoyés de partout ailleurs du continent vers l’Amérique, l’Europe et l’Océanie.

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