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Crise de l’immigration: Témoignage d’un camerounais arrivé en France

La pauvreté, le désespoir affectif et l’espoir de liberté poussent des Africains de plus en plus jeunes à quitter leur pays à la recherche d’un eldorado illusoire. C’est le cas de Boubak qui a embarqué sur le chemin douloureux et dangereux de l’exil au péril de sa vie.

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La pauvreté, le désespoir affectif et l’espoir de liberté poussent des Africains de plus en plus jeunes à quitter leur pays à la recherche d’un eldorado illusoire. C’est le cas de Boubak qui a embarqué sur le chemin douloureux et dangereux de l’exil au péril de sa vie.

Taille moyenne, mince et sportif, l’adolescent de seize ans et demi évoque avec beaucoup de calme son exode et le souvenir de ses trois années de périple du nord du Cameroun, en passant par le Niger, la Libye, l’Italie pour arriver à Marseille, dans sud de la France où il a entrepris des démarches administratives en vue d’une demande de titre de séjour.

Racontez votre vie au Cameroun. Pourquoi avez-vous décidé de quitter votre pays si jeune?

J’ai vécu 13 ans au Cameroun. J’ai grandi à Yaoundé dans le quartier de la briqueterie jusqu’à l’âge de 10 ans. J’y vivais avec ma grand -mère. Mes parents étant décédés, j’ai été livré à moi-même en quelque sorte puisque quand je suis monté dans le nord, personne ne m’a retenu. Même si là-bas, j’ai commencé à jouer au foot avec les cadets du Coton Sport de Garoua. Pour autant, la vie n’était pas facile. Il m’était parfois très difficile de manger. C’est d’ailleurs plus tard dans mon parcours que j’ai compris que la vie est, en fait, difficile pour tout le monde.

Qu’est-ce qui vous a fait partir ?

La principale raison pour laquelle j’ai décidé de partir en aventure, c’est la pauvreté. Je voulais fuir la vie qui devenait de plus en plus dure. Mais ce que j’ignorais, ce sont les difficultés auxquelles j’allais être confronté. Je ne pouvais pas imaginer tout ça. Vraiment, je ne souhaite à personne de vivre mes épreuves. Même si ce qui m’a sauvé, c’est l’instruction.

Comment ça, l’instruction vous a sauvé ?

J’ai fait des études jusqu’en quatrième au Cameroun. J’allais partir en troisième quand j’ai décidé de quitter le pays le vendredi 12 juillet 2015* avec mon ami Moussa* un peu plus âgé que moi mais je ne connais pas son âge exact. Je parlais déjà le Français, l’Haoussa et l’Arabe que j’ai appris à l’école coranique. C’est vraiment ça qui m’a aidé dans mon parcours. Je remercie d’ailleurs le Cameroun pour l’instruction parce qu’ailleurs, les jeunes livrés à eux-mêmes, sont pour la plupart, illettrés.

Aviez-vous déjà prévu votre départ ?

Oui.

En aviez-vous parlé autour de vous ?

Non. Parce qu’on m’aurait découragé. Surtout les dirigeants de mon club. Et ma grand-mère qui aurait été très malheureuse. Elle en serait devenue folle. D’autant plus que j’étais le seul enfant de mes parents.

Qu’est-ce qui pousse un fils unique à partir si jeune loin de sa famille ?

Je ne pouvais pas partir avec ma grand-mère. Donc, ce n’est pas loin d’elle que je voulais partir. C’est loin de la misère.

Comment vous êtes-vous rendu compte que votre vie était pénible au Cameroun ?

Mais on le voit ! D’abord à la maison quand la nourriture se fait rare. Quand je rentre de l’école et qu’il n’ y a pas à manger. Comment je pouvais continuer à étudier ? Dehors, je voyais bien les gens qui, eux pouvait s’acheter à manger facilement. On finit par comprendre que le problème, c’est chez nous. Et on décide de prendre son destin en main.

Peut-être qu’un jour vous seriez devenu comme ces gens qui achètent aisément, non ?

Oui mais quand ? En tout cas, je n’ai pas eu cette pensée. Et peut-être que ma vie ne me permettait pas aussi de penser comme ça.

Et c’est donc ainsi que s’est construit votre projet de partir ?

Oui. Et je n’étais pas le seul. Sur la route, on voit bien des gens plus âgés prendre le même chemin que moi.

Vous êtes parti avec pour seul but, l’Europe ?

Non. Mon but, c’était juste de partir à la recherche d’une vie meilleure.

Racontez votre parcours…

Nous avons quitté Maroua pour le Nigeria. Du Nigeria, je suis entré au Niger par Maradi où on a chargé d’autres personnes. Et arrivé à Agadez, l’argent était fini.

D’où vous venait cet argent ?

Du club où je jouais. Et j’élevais à la fin les pigeons que je vendais. C’est avec cet argent-là que je suis partie.

Comment vous êtes-vous débrouillé pour continuer ?

On a dû rester quelque temps dans la ville. Puis on nous a parlé d’un monsieur qui organisait des voyages pour Djado. Là-bas dans le désert, on creuse l’or. Et comme, je parlais la langue Haoussa, le monsieur nous a aidé à atteindre le site d’orpaillage. On y est resté un mois. Et déjà là-bas, les deux patrons libyens qu’on a eu ont commencé par nous escroquer. Ils n’ont pas respecté les termes du contrat qui étaient de creuser avec leur machine et de faire moitié-moitié. C’est justement parce que je parlais arabe que j’ai pu les raisonner en leur rappelant une parole de l’Islam qui dit : « Donnez au salarié son salaire avant que ne sèche sa sueur ». Après ça, ils ont respecté leur parole. Et nous avons pu vendre nos pépites d’or à Arlit.

Pour combien avez-vous vendu ?

J’ai pu avoir 850 000 Francs CFA. Et j’ai toute suite changé cet argent en Euro pour donner de la valeur à mon argent, une fois en Libye. C’est un combine de mes patrons arabes. Comme je comprenais la langue, il m’était facile d’utiliser leurs astuces.

Le voyage a repris toute suite ou vous êtes un peu restés dans les parages ?

Nous avons dû reprendre le voyage toute suite pour Assamaka pour gagner Tamanrasset en Algérie. Nous y avions passé quelque jours. Et on a continué le chemin. On s’est arrêté à Ghardaïa et de là-bas, nous avons pris un bus pour Oran. Après une nuit, on a repris la route pour Maghnia, c’est la frontière entre l’Algérie et le Maroc. Nous étions accompagnés de guides.

Comment financiez-vous ce voyage ?

Avec l’argent de l’or. Cet argent m’a valu de faire tout ce trajet sans problème. A Maghnia, il y a une sorte de douane. Les ressortissants de chaque pays ont leur file. Moi, j’avais à me diriger vers la communauté camerounaise où il faut payer une amende de 15 000 dinars pour entrer au Maroc. C’est important de préciser que cette organisation nous protégeait contre les pièges installés dans le désert. Les guides qu’ils nous fournissaient savaient nous éviter toutes les embûches du désert.

Comme quoi par exemple ?

Qu’on nous tire dessus ou bien qu’on tombe dans des trous de plus de 7m d’auteur à moitié remplis d’eau. Le plus difficile sur ce parcours a été d’atteindre le côté espagnol du Maroc qui s’appelait Melilla. Là-bas, il y a une frontière de fils barbelés. C’est plus tranchant qu’une lame de rasoir. Des gens sont morts en tentant l’escalade.

Et de Melilla, comment arrivez-vous en Libye ?

Après avoir tenté plusieurs fois d’escalader les barrières espagnoles de tous les côtés, nous avons été raflés et amenés dans une sorte de refuge sécurisé. C’était confortable. On avait 200 Dirams par mois. Après avoir été relâché, j’ai compris qu’il fallait que je change de stratégie. J’ai décidé d’aller en Libye. Je suis sorti par Maghnia et Oujda. J’avais mémorisé le chemins des guides. Et le chef des guides camerounais qui m’a reconnu m’a embauché, quelque temps, pour travailler avec lui. Ce qui m’a permis de me faire un peu d’argent. C’est avec cet argent que j’arrive en Libye en passant par Dep-Dep. Là-bas, j’ai fait le guide pour un passeur qui m’a appris le trajet jusqu’ à Ghadamès. J’avais parfois un convoi de 30 personnes. Par la suite, j’ai pu travailler pour un autre Libyen. C’est d’ailleurs à cause de celui-là que j’ai été enfermé.

Pourquoi ?

Une sordide histoire. Je commençais à avoir beaucoup de travail et je ne me rendais pas compte que je devenais important au trafic. Ils ont proposé de m’apprendre à manier les armes. J’ai refusé car je savais que ça signifiait qu’il fallait tuer des êtres humains. Et ça je ne pouvais pas. C’est d’ailleurs aussi comme ça que je me suis rendu compte que travailler avec eux n’était pas bien.

Avant ça, vous ne perceviez pas le danger ?

Si. Mais pour moi, le danger était d’aider les gens à traverser illégalement les frontières. C’est tout ! De là à commencer à manier les armes, je ne pouvais franchement pas.

Pourquoi avoir refusé cette proposition qui aurait pu vous offrir une vie décente ?

Je ne veux pas construire ma vie sur le malheur des autres. Je crois en Dieu. De toute façon, à partir de la proposition, je ne voulais plus être en contact avec eux. C’était fini. J’ai compris qu’au fur et à mesure qu’on est en contact avec ce genre de personnes, on devient comme eux. J’ai pris ma décision. Et ils ont organisé un coup pour qu’on m’arrête et qu’on me mette en prison.

Combien de temps êtes-vous resté en prison ?

J’y suis resté deux semaines. Un jour, le commissaire m’a trouvé en train de prier. Il a attendu la fin de ma prière. Et m’a demandé en arabe si j’étais musulman. Il m’a proposé de le suivre. Et il m’a interrogé afin de connaître mon délit. Comme il s’est révélé que je n’avais rien fait, il m’a fait libérer et m’a présenté à un monsieur qui avait besoin de main d’œuvre pour son champ. Grâce à ce commissaire, j’ai pu avoir un papier de libre circulation en Libye.

Comment s’est passé votre collaboration avec votre nouvel employeur ?

Ça s’est bien passé mais j’ai dû changer de ville pour un meilleur travail. Je suis allé à Zenten. Et là-bas, mon nouveau chef, un Egyptien a proposé de me former. C’était une aubaine. Il m’a formé dans le carrelage. J’ai travaillé avec lui presque deux ans. C’est l’une des plus belles expériences de ma vie.

Et pourquoi décidez-vous alors de quitter la Libye ?

Ma vie était menacée. Un monsieur que nous connaissions m’a proposé sa fille en mariage. Mon refus était un tel affront qu’il s’est mis en tête d’en finir avec moi. Il m’a même menacé, une fois, avec une kalachnikov. Pour lui, je devais être reconnaissant qu’on me traite comme un humain. Il ne comprenait pas qu’avec les conditions des noirs là-bas, je refuse.

Pourquoi voulait-il que vous épousiez sa fille ? Vous sortiez avec elle ?

Non. Il disait que j’étais vaillant et qu’il était rare de nos jours en Libye de trouver des jeunes pratiquants comme moi. Il prétendait beaucoup m’apprécier et que c’était un cadeau qu’il me faisait. Qu’il préférait que sa fille soit avec quelqu’un comme moi qu’avec un Libyen qui fait du mal et ne va pas à la Mosquée. Ce que je ne comprenais pas, c’est les moyens qu’il utilisait pour me faire accepter. Pourquoi alors me menacer si c’est un cadeau parce qu’il m’apprécie ?

Pourquoi avez-vous refusé la proposition de mariage ?

Dans un autre contexte, je n’aurais pas refusé. Mais là, on est dans un pays où on peut nous tuer pour un rien, je ne voulais pas me risquer à plus de problèmes. J’étais méfiant.

C’est uniquement pour cette raison que vous quitter la Libye ?

Oui. Mais aussi parce que je connaissais des gens qui avaient pris la mer et se trouvaient en Italie. J’ai commencé moi aussi à rêver d’Europe. Au bout de quelques jours, je suis allé payer pour partir. On nous a lancé en mer l’été, aux environs de 3h. Et nous avons atteint les côtes italiennes vers 5h.

N’avez-vous pas été refroidi par cette aventure mortifère ?

C’est vrai que ça fait peur. Mais vu que je fuyais un danger, je n’ai pas eu à m’appesantir sur mes émotions. Le plus douloureux pour moi dans tout ce parcours reste le décès de mon ami Moussa.

Il est décédé en mer ce jour-là?

Oui. Alors que nous étions presque arrivé.

C’est à dire ?

Notre canot a commencé à prendre l’eau au niveau de la ligne internationale. Lui ne savait pas nager. Le temps d’être secouru par la Croix Rouge, certains se sont noyés dans la Méditerranée. C’est très triste parce que nous étions presque arrivés à Lampedusa. La mer avait été calme tout le voyage. Même le temps agréable. Tout laissait croire que nous étions chanceux. Ce qui est plus dur encore, c’est que les parents de mon ami et d’autres morts cette nuit-là ne sauront jamais qu’ils ne reviendront pas à la maison. Nous par exemple, personne ne sait où nous sommes partis. Peut-être qu’ils vont attendre indéfiniment.

Vous leur direz ?

Peut-être … Le jour où j’aurais le courage de repartir.

Une fois en Italie, comment s’est passé l’accueil ?

Très bien. Durant un an, je suis allée à l’école où j’ai obtenu un examen qui est l’équivalent du BEPC.

Et vous avez appelé votre grand-mère pour lui annoncer la nouvelle ?

Personne ne sait où je suis.

Votre séjour en Italie s’est bien passé ?

Oui.

Et comment arrivez-vous en France ?

C’est par rapport à l’association. Un péruvien m’a remarqué pour jouer dans un petit club qui s’appelait Salsasio durant trois mois. Avec eux, je suis allé dans un autre petit club qui s’appelle Barcigalupo, et il y a eu une proposition de Torino mais je n’ai jamais pu signer à cause du passeport que je n’avais pas. Je ne pouvais pas avoir de papier. J’ai été tellement déçu que mon talent ne m’aide pas que j’ai pris la décision de quitter l’Italie pour la France. Et je suis arrivé en France en passant par Ventimille.

Comment avez-vous pu passer la frontière ?

J’ai pris le train sans payer. Je me suis caché dans les toilettes. Et c’est la police de la Frontière qui m’a sorti de là. J’ai dû supplier le policier de ne pas me brutaliser. Et jouer sur la corde sensible en lui demandant s’il aimerait voir son fils vivre dans une telle misère. Il m’a regardé un moment. Puis, il est parti en me souhaitant bonne chance.

Dans quelle ville êtes-vous arrivé en premier ?

Je suis arrivé à Nice. En suivant les indications, j’ai pris le train pour Marseille. Et à Marseille, j’ai dû reprendre le train pour Montpellier où j’ai été arrêté par les contrôleurs et confié à une association.

Vous vivez aujourd’hui à Marseille, comment y êtes-vous revenu ?

C’est le juge qui m’a confié à un foyer de jeunes isolés.

A Marseille, comment organisez-vous vos journées?

Je ne peux pas aller à l’école car l’année scolaire a déjà commencé. Il faut attendre l’année prochaine. Sans aucun papier et sans personne qui peut m’envoyer mon acte de naissance, je dois attendre. On va envoyer une lettre au tribunal de Maroua pour reconstituer mon état civil. Pour l’instant, j’attends que les documents de Montpellier arrivent et qu’on commence les démarches.

Vous vous êtes déjà fait des amis à Marseille ?

Oui. Ici les gens sont très accueillants. Ça n’a pas été difficile de me faire des amis comme à Montpellier par exemple.

Est-ce que vous comptez vous installer définitivement à Marseille ?

On dit que l’homme propose, Dieu dispose. J’irai là où la vie m’amène.

Que peut-on vous souhaiter pour l’avenir?

Beaucoup de courage, de la persévérance et surtout du répit !

*Les noms et les dates ont été changés

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Cameroun: Samuel Dieudonné Ivaha Diboua s’oppose aux actes de délinquances

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La violence, un comportement à réprimer. Le gouverneur de la région du littoral Samuel Dieudonné Ivaha Diboua refuse que la terreur dresse son lit dans son unité de commandement.

En effet, les évènements survenus entre jeudi 31 octobre et samedi 2 novembre 2019, à New Bell, dans l’arrondissement de Douala II n’ont aucun lien avec un conflit entre communautés comme ont pensé certains. Des groupes de jeunes armés de machettes et autres armes blanches ont agressé les populations de Nkololoun, chefferie Bonapriso etc. Tout serait parti d’une dispute autour d’une jeune fille habitant le quartier Ngonsoa. Celle-ci entretient des relations amoureuses avec deux jeunes. Le jeune homme vivant au quartier Haoussa serait venu rendre visite à sa copine à Ngonsoa et l’aurait trouvé en galante compagnie. Une dispute va éclater et se terminer en bagarre où le vaincu retournera dans son quartier chercher du renfort.

Au cours d’une réunion de crise convoquée le dimanche 03 octobre 2019, au cercle municipal de Douala II, le patron du littoral a précisé qu’ « il n’y aucun affrontement intercommunautaire à New Bell »  avant de poursuivre que « des dispositions ont étés prises pour que cela ne se reproduise plus » Cette rencontre tenue dans le but de faire régner l’ordre et la discipline a porté des fruits car aujourd’hui, le calme règne à présent dans ce secteur. Les activités ont normalement repris même si certains habitants avouent vaquer à leurs occupations la peur au ventre.

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Séquestrées par le chômage

Il n’y a pas d’exception pour le pays de Samuel Eto’o. Comme partout ailleurs dans le monde, la femme camerounaise subit le chômage de plein fouet. Le document de stratégie pour la croissance et l’emploi révèle que les femmes sont les plus touchées par le chômage au Cameroun avec un taux de 4, 5% contre 3,1% chez les hommes. Par ailleurs, une étude menée par l’organisation internationale du travail montre que les femmes représentent moins de 50% de la population active dans le monde. Entre maternité et salaire de misère, le fossé est grand pour se faire une place au soleil.

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Photo@afrikinfo.net

Son sac à main suspendu à son poigné, Marguerite revient d’un entretien d’embauche et est plutôt déçue «  cela fait six mois que j’ai postulé dans une société de fabrication de mèches. Aujourd’hui, ils m’ont appelé et me propose 35 000F CFA de salaire par mois » la jeune dame de 30 ans titulaire d’un  Baccalauréat, dit n’avoir pas eu d’autre choix que d’accepter car, trouver  un travail rémunéré est vraiment difficile. Il faut dire que comme Marguerite, de nombreuses femmes peinent à trouver un travail décent. En les voyant très souvent au volent de grosses voitures on pourrait croire que  la gente féminine souffrent moins du problème de chômage au Cameroun. Pourtant, au regard des chiffres révélés par le document de stratégie pour la croissance et l’emploi, l’on constate que c’est tout le contraire. Ce document  indique  d’ailleurs que le taux de sous emploi au Cameroun est de 70% et les femmes sont les plus touchées par le chômage avec un taux de 4, 5% contre 3, 1% chez les hommes. Mais alors, comment peut- on avoir un taux de chômage aussi élevé chez les femmes ? À ce sujet,  des responsables d’entreprises parlent du salaire dérisoire   pour expliquer la surreprésentation des femmes dans le chômage.

Le salaire que proposent les employeurs repousse très souvent de nombreuses femmes en quête d’emploi. Celles qui ont la chance de décrocher un poste, ne peuvent malheureusement pas subvenir à leurs besoins encore moins, à ceux de leurs familles avec le maigre salaire qu’elles reçoivent. Pis encore si elles doivent emprunter un moyen de transport au quotidien pour se rendre au lieu de service. Ludovic Dacleu est le patron  d’une entreprise informatique. L’homme d’affaire estime  que, entre le salaire de misère qui leurs est proposé et leurs progénitures, le choix n’est pas difficile à faire « Aujourd’hui, les femmes refusent de laisser leurs enfants  et de travailler pour un salaire de misère. Pourtant, un homme préfère un salaire de misère que de rester à la maison » Est-ce l’unique raison qui expliquerait que les hommes et les femmes ne sont pas logés dans la même enseigne en matière d’emploi ? Titiane Mefowet, responsable d’établissement scolaire pense que non « Lorsqu’une femme se présente  et qu’elle est enceinte, il est clair qu’elle ne va pas tenir toute l’année. On  sera obligé de la remplacer avant que l’année ne finisse. C’est une défaveur pour elle. Outre la maternité, le désir de certains époux de garder leurs épouses pour eux fait également partie des causes du sous-emploi féminin poursuit Titiane Mefowet « Il y a des conjoints qui viennent au lieu de service dire qu’ils ne veulent pas que l’on recrute leurs femmes, parce qu’elles doivent s’occuper des enfants à la maison »

D’un autre coté, les entrepreneurs ne tergiversent pas quand il faut choisir entre un homme et une femme pour le même poste. « On se dit de façon mentale la femme n’aura pas le rendement de l’homme, parce qu’un chef d’entreprise veux maximiser son rendement » affirme Ludovic Dacleu. Ainsi, la possession d’un diplôme ou même des compétences requises, ne garantissent pas toujours l’emploi à la femme au Cameroun pour preuve,  moins de la moitié des femmes sont aujourd’hui activent principalement en Afrique sur une population estimée en pourcentage à 49,6 d’après un rapport 2017 de l’ONU sur les « les perspectives révisées de la population mondiale » aussi,  l’institut nationale de la statistique  indique par ailleurs que l’âge des chômeurs est d’environ 28 ans chez les hommes et de près de 27 ans chez les femmes.

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Grand dialogue national: le passage mémorable des ex-combattants séparatistes

Malgré l’absence des principaux chefs séparatistes, le « Grand dialogue national » s’est ouvert le 30 septembre 2019 au Cameroun. À l’ouverture de ces assises nationales, quelques jeunes présentés comme des ex-combattants séparatistes repentis ont plaidé pour la paix au Cameroun.

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Photo@cameroun24.net

Le « grand dialogue national » annoncé mi-septembre par le président de la république Paul Biya a été  lancé au Cameroun, pour tenter de mettre un terme au conflit meurtrier entre Yaoundé et des séparatistes anglophones dans l’ouest. Devant des Politiques, religieux et chefs traditionnels, le premier  ministre Joseph Dion Ngute a proposé aux participants d’être « de véritables artisans de la paix » lors des cinq jours prévus pour le grand dialogue à Yaoundé. Le premier ministre a par ailleurs rendu hommage aux combattants séparatistes repentis qui ont pris la parole quelques minutes avant lui au palais des congrès de Yaoundé.

Depuis 2016, des camerounais anglophones protestent contre ce qu’il appellent la marginalisation par le pouvoir central ce qui a poussé les jeunes à se radicaliser « Nous décrions la marginalisation et les inégales répartitions de richesses et d’accès à l’emploi » a  indiqué lors du lancement du dialogue Yannick Kawa Kawa, porte- parole des ex-combattants séparatistes. « Nous avons décidé de déposer les armes car nous avons réalisé que nous avons été manipulés » va-t-il poursuivre avant de préciser que le temps est venu pour l’amour, la paix et le retour à la sérénité.

Le porte-parole des ex-combattants séparatistes n’a cependant pas manqué de demander pardon au peuple camerounais, pour les atrocités commises par son groupe armé durant la crise et rappelé son attachement à l’unité du pays, tout en invitant les autres jeunes combattants des groupes séparatistes armés à déposer les armes. Le discours de l’ex-combattant sécessionniste Yannick Kawa Kawa a été très applaudi par l’assistance constituée en bonne partie des ressortissants des régions anglophones.

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